Dalida et Greta

 « Paroles »  est une des chansons qui a rendu Dalida célèbre (paroles et paroles et paroles, écoute moi, paroles et paroles et paroles …. ). Elle n’avait pas grand chose à voir avec le climat. Juste une chanson d’amour. Et pourtant … c’est très proche d’une phrase importante que vient de prononcer Antonio GUTERRES, lors du sommet exceptionnel sur le climat qui vient de s’ouvrir à New York : « Le problème des dirigeants du monde, c’est qu’ils parlent trop et écoutent trop peu »

0L’iconique Greta THUNBERG entourée de nombreux jeunes, tente de se battre avec les mêmes armes. C’est d’ailleurs en annonçant dans Battery Park bondé « Nous allons forcer les dirigeants à nous écouter» qu’elle a déclenché les salves d’applaudissements.

Le verbe et l’écrit

Et si le vrai problème était celui là ? Si nous faisions simplement fausse route en basant toutes ces négociations, si importantes pour notre planète, sur de simples échanges oraux ? Oui, bien sûr, l’évangile le rappelle « au commencement était le verbe » ! Mais si nous avons sans doute (les catholiques en tout cas) entendu cette phrase prononcée par un homme d’église du haut de sa chaire nous sommes aussi capables de la lire sur du papier, un écran…etc

Dans chacune des formations que j’anime sur les nouvelles méthodes de conduite de réunion assistée par informatique, je reviens sur le déséquilibre important entre le verbe et l’écrit. Qu’il s’agisse des structures de travail ou de gouvernement nous sommes en général dirigés par des personnes qui sont arrivées à leur poste parce qu’elles sont d’excellents tribuns. Elles sont à l’aise à une tribune, savent prendre la parole, enflammer les foules, faire passer leurs idées. Cette compétence est fondamentale dans certaines phases d’un projet, qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’une nation à remettre en route. Mais elles peuvent être bloquantes lorsqu’il s’agit de dégager une vision commune, de choisir des voies médianes, de négocier des compromis efficaces. Je suis persuadé que dans ces moments là, il est faut choisir un autre équilibre entre le verbe et l’écrit.

Ce qui vaut pour une réunion de travail rassemblant 10 personnes peut évidemment être extrapolé à ces négociations si importantes pour l’avenir de notre planète. Juste pour vous montrer qu’il y a d’autres choses que le verbe à partager. Voici deux photos prises la même journée, lors d’une réunion des principaux dirigeants de notre planète.

g202012ASur cette première photo, chacun s’apprête avant tout à défendre ses arguments. Chaque dirigeant a devant lui des notes différentes : aucun élément partagé par le groupe. Les seuls échanges possibles sont des joutes orales.

g202012bSur cette seconde photo ils regardent tous le même match qui avait lieu l’après midi suivant leur réunion de travail. Admirez l’énergie et les passions qui se dégagent ! Il ne s’agit que d’un écran retransmettant une manifestation sportive mais pourquoi se priver des mêmes effets en refusant d’afficher, de donner à voir, ce qui se construit au cours des négociations.

Dommage que l’un des jeunes à New York n’ait pas proposer à l’ONU de mettre en place d’autres méthodes de travail que ces grandes salles solennelles où la seule chose que l’on visualise sur l’écran est le visage d’une personne en train de parler dans une langue que bien souvent l’on ne comprend pas ? Des alternatives existent ! Je sais déjà comment les mettre en place pour favoriser l’intelligence collective en entreprise. Il reste à les extrapoler pour faciliter les réflexions sur l’avenir de notre planète, la construction d’une véritables vision commune  !

groupetravail

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